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olivier faron

Les métiers en tension : le Cnam apporte des réponses

04 avril 2016

Chaque semestre, l’observatoire Tendance Emploi Compétence du Medef publie ses études visant à mieux comprendre la situation du marché du travail et notamment l’inadéquation entre les besoins des entreprises et les qualifications des demandeurs d’emploi.

Dans sa dernière étude portant sur le quatrième trimestre 2015, cette inadéquation est de nouveau mise en valeur et concerne plus particulièrement les métiers dits « sous-tension ». Cette catégorie de métiers regroupe ceux pour lesquels les entreprises connaissent des difficultés de recrutement à cause :
 

  • d’une pénurie de candidatures ;
  • d’un manque de compétences techniques et/ou transverses (management, communication, langue…) ;
  • d’une inadéquation entre la localisation des emplois et celles des candidats.

 

Dans une interview accordée au Parisien le 4 avril 2016, Olivier Faron, administrateur général du Cnam, réaffirme la mission dont s’est doté l’établissement : celle « d’analyser finement les carences au niveau local pour faire émerger les offres de formation adéquates dans des délais les plus courts possibles. » 

 

« Quelles sont, selon vous, les causes expliquant les difficultés des entreprises à pourvoir les postes dans certaines spécialités ?

Ces déficits de compétences ont deux explications principales. D’abord une offre insuffisante de notre système d’enseignement dans certaines spécialités, par exemple la métallurgie, alors même que la demande reste importante. Autre cause de cette pénurie, l’offre de formation qui, sur les territoires, n’est pas toujours adaptée aux besoins locaux. Le Cnam, avec ses trente centres régionaux et ses cent cinquante sites d’enseignement, s’est donné pour mission d’analyser finement les carences au niveau local pour faire émerger les offres de formation adéquates dans les délais les plus courts possible. C’est une réponse d’ordre économique mais aussi sociale puisqu’il s’agit aussi de favoriser le retour à l’emploi.

 

Par quels moyens identifiez-vous les carences en matière de formation ?

Notre maillage territorial nous permet d’être en relation étroite avec les décideurs locaux, à l’écoute de leurs besoins. Nous encourageons d’ailleurs les entrepreneurs à intégrer nos conseils d’orientation régionaux. Par ailleurs, au niveau national, nous avons des échanges constants avec les représentants du monde de l’entreprise, fédérations, réseaux et ordres professionnels notamment. Il s’agit pour le Cnam de répondre aux carences en matière de formation avec le plus de réactivité possible et d’accompagner les mutations auxquelles doivent faire face les entreprises en identifiant aussi les besoins émergents.

 

Pouvez-vous donner un exemple concret de formation mise en place pour répondre à des besoins locaux ?
Les exemples sont nombreux mais le plus récent est le lancement, le 30 mars dernier, du campus digital à Grenoble, en lien avec Digital Grenoble, qui rassemble des start-up du numérique et la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Ce campus a pour objectif de répondre à la demande en développeurs informatiques. Dès la rentrée prochaine, il accueillera une première promotion de 30 élèves.
Ils prépareront en 18 mois et en alternance un titre RNCP de développeur informatique. Cette formation s’adresse principalement aux demandeurs d’emploi. Afin de permettre à ceux qui n’ont pas le bac d’y accéder, nous leur proposons d’intégrer au préalable le dispositif Passe informatique afin d’acquérir des compétences de base en informatique. »

Propos recueillis par Jean-Marc Engelhard

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